Institutos
 
    L' Espace Therapeutique Non Scinde
 
LA POSSIBILITE DE RE-SUBJECTIVATION DU CLIVE DANS LA SUBJECTIVITE OU DE SUBJECTIVATION DU NON ENCORE SUBJECTIVE.
EDUARDO GRINSPON

L'EFFET DE L'INTERVENTION A PARTIR DE LA COMPLEMENTARITE INTER- FANTASMATIQUE ET DE LA SUBJECTIVITE TRANSFERENTIELLE.

Si dans ma qualité de thérapeute je ne perds pas de vue les clivages dans la subjectivité et ses effets, comme cela nos arrive avec l'incestualité ou la perversion narcissique, les positions thérapeutiques à assumer sont différenciées. C' est très différent de nous retrouver face à un patient chez qui opère la répression, que devant quelqu'un chez qui se soutiennent des secteurs clivés de la subjectivité ou la présence du non encore subjectivé. C'est différent si nous pensons dans un état de désorganisation que si nous nous situons face à un état d'inorganisation, du non encore organisé.

C'est différent de penser le retour de ce qui se soutient clivé dans le couple parental d'un patient, qui ont fait un pacte dénégatif (communauté de déni soutenant un secret familial inavouable) que ces restes qui n ‘ont pas encore été subjectivés dans le groupe familial qui vont insister en cherchant l'inscription subjective.

René Roussillon définit les souffrances identitaires narcissiques comme une pathologie narcissique (du narcissisme) en rapport avec une difficulté dans la fonction subjectivante du Moi. Il se soutient une organisation défensive contre les effets d'un traumatisme primaire clivé et la menace que sa trace, étant soumise à l'automatisme de répétition , puisse affecter l'organisation de l'appareil psychique et de la subjectivité. Ces expériences pré-subjectives, préontologiques et atopiques affectent le narcissisme (1), impactent dans sa constitution et, bien entendu, dans ce qui habituellement, si nous étions face à des patients neurotiques, nous appellerions le registre de la faute. Ce sont des patients qui plus que la carence d'être sont caractérisés par une carence de l'être.

Certains secteurs de la vie psychique ne sont pas répressibles car ils n'ont pas été représentés, c'est à dire, n'ont pas pu être intégrés dans la subjectivité par la fonction subjectivante du moi. Afin de pouvoir décrire sa situation topique nous pouvons nous rapporter au concept de clivage.

C'est à partir de notre mal-être et de notre désorientation comme analystes, que nous pouvons reconnaître être face à ces problématiques de la souffrance narcissique identitaire (des états limites de la subjectivité et de subjectivation). Cela peut correspondre chez l'analysé à l'actualisation d'une forme de désespoir existentiel lié à un fond traumatique et à des expériences agoniques clivées de l'organisation psychique manifeste. Ce fond traumatique primaire provient de la discordance originaire précoce entre l'économie pulsionnelle et le monde extérieur nécessaire. R. ROUSSILLON définit le transfert comme le retour, comme une caractéristique dans des problématiques narcissiques identitaires, le désespoir de l'analyste subi depuis la subjectivité transférentielle, étant la conséquence du climat paradoxal intersubjectif. En parallèle avec le transfert où se jouent les déplacements sur l'analyste d'anciennes modalités relationnelles, jouées dans son histoire et d'une manière clivé, un autre processus transférentiel vient doubler, en parallèle au premier, sans antagonisme manifeste et dans lequel l'analyste est à la place et dans la pose où s'est trouvé l'analysé, face à ses objets et singulièrement face à ceux et à ce qu'il a dû répudier de lui-même pour conserver la relation narcissique avec eux ou pour le soutènement de sa continuité narcissique.

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(1) Voir: Trace du non subjectivé dans Un type Particulier de scision – Positions subjectivés en parallèle

Cette affirmation différencie les secteurs clivés, soit le clivage dans la subjectivité ou le clivage subjectif, effet de mécanismes comme le déni et la mésestimation, employés comme

une estratégie de survie, des restes non encore subjectivés par le fait d'être des marques pressubjectives, préontologiques et atopiques. Parfois l'analyste résiste à cet autre transfert et les théories viennent remplir le vide laissé par une absence de représentation précise de l'histoire du patient, la perception actuelle étant la manière possible pour le retour de la trame de situations enregistrées à l'origine de la construction de ses identifications narcissiques ou objectales, mais qui n'ont pas été vécues subjectivement. Il est important de différencier le retour du clivé dans la subjectivité du non encore subjectivé, ceci devient présent en infiltrant la perception actuelle au moyen de la réminiscence allucinatoire.

Lorsque la réalité historique matérielle évoquée tend à être remise en question par l'analyste, lorsque

la réalité et la réalité psychique semblent s'opposer, lorsque, à l'écoute , le registre entre la réalité extérieure et intérieure se détransitionnalise et que la capacité de révêrie cesse de fonctionner, un mal-êttre apparaît qui peut menacer les conditions d'une écoute qui permettrait la recomposition du temps et de l'espace clivé. Ce mal-être contient l'ensemble de traits contre-transférentiels qui révèle la manière insidieuse dont quelque chose du non-subjectivé du patient retourne, infiltrant l'espace intersubjectif transférentiel

Transfert Paradoxal

Si nous ne perdons pas de vue le concept de clivaje dans la subjectivité, nous approchons du transfert paradoxal. C'est un genre de transfert, où se présente une forme paradoxale de dialectique intersubjective. Le patient demande à l'analyste d'être le miroir du négatif de lui-même, c'est-à-dire, de ce qui n'a pas pu être subjectivé.

Un climat s'impose dans lequel le paradoxe tend à substituer le conflit psychique subjectivement perçu. Le besoin principal de ces patients, au moyen du transfert paradoxal, c'est de pouvoir s'approprier leur histoire subjective clivée, ce qui n'a pas pu accéder à la figurabilité et à la parole.

Nous nous retrouvons dans un monde beaucoup plus dominé par la compulsion à la répétition que par les logiques du choix et ce qui se présente, plus que la problématique de la perte, c'est le non encor advenu de soi.même. Ces patients se soutiennent dans un climat de délaissement, désespoir ou rétraction et l'univers subjectif transférentiel se trouve référé davantage aux problématiques de la négativité, de l'attachement ou du négatif comme stratégie de survie, qu'à celles, émergentes de l'intégration du lien. Nous devons penser plus qu'en transfert négatif, à la présence du négatif dans le transfert et la manière singulière dont chaque sujet a structuré le courant de l'attachement.

Le non-advenu de soi-même, ce qui n'a pas pu être symbolisé et intégré dans le Moi sujet, demeure en état potentiel demandant, dans un genre particulier de répétition, un sujet en qui habiter. . La compulsion à la répétition est énoncée par Roussillon comme un troisième principe, qui, avec celui de plaisir et celui de réalité, implique la compulsion à la subjectivation par laquelle, le non encore subjectivé tend vers un chemin ou un processus pour réussir un statut de subjectivation. Ces traces subjectives et atopiques se trouvent au-delà du principe du plaisir et sont soumises à la compulsion à la répétition, tendent à être allucinatoirement réinvesties , demandant à naître dans un espace subjectif.

Nous entendons ce genre de répétition comme une manière de re-demander la possibilitié, partant de la douleur et sa convalidation dans la subjectivité transférentielle, d'accéder à l'appropriation subjective. Si comme analystes nous supportons notre mal-être et nous résistons à la tendance à expliquer à partir du déjà connu, nous pourrons nous connecter avec la perception et peut-être lui fournir sa nuance, de la douleur qu'il habite en désespoir chez notre patient. C'est notre capacité d'imaginer ou de rêverie celle qui soutenant un holding intersubjectif va habiliter le passage lequel, partant de la douleur en désespoir et sa convalidation intersubjective dans la complémentaiété interimaginaire, permettrait la ressubjectivation historisante.

Clivage de la Subjectivite

Ces patients se sont trouvés face à face avec le narcissisme des objets référentiels auxquels ils ont dû plier leur identité et leurs essais de subjectivation, ayant été bien des fois, objets de manipulation narcissique d'un pervers narcissique dans le couple parental et son pacte incestuel.

Pour survivre, le sujet en se dessubjectivant, se retire de l'expérience traumatique primaire. L'aspect paradoxal de cette défense extrême est que le Moi demeure clivé d'une expérience enregistrée et non constituée subjectivement, il a survécu en mutilant un secteur de la vie psychique.

C'est un clivage vers le Moi, non un clivage du Moi. C'est un clivage de la subjectivité et la partie non représentée est, cependant, psychique, pressubjective, préontologique et atopique ( le non encore subjectivé) et devra appartenir au Moi. Le clivé tend toujours à retourner et, dans la mesure où il n'est pas de nature représentative, le retour est en acte et actuel soutenant son état traumatique.

Ces traces, quand elles sont réinvesties, menacent la subjectivité et le moi d'un retour à l'expérience traumatique dans une douleur en désespoir, se produisant un revenir à pour éviter le revenir de l'expérience traumatique, ce genre particulier de transformation passive-active peut devenir incessante. Nous devons nous rappeler qu'une manière habituelle de retour possible, c'est à travers la perception actuelle.

Un repère possible dans des situations où règne le clivage de la subjectivité est l'espace thérapeutique non scindé (soit individuel et/ou familial). Une spatialité intérimaginaire où ce vestige pressubjectif, préontologique et atopique, vestige de douleur sans conscience et soutenu comme une marque de la décharge somatique de l'affect, au lieu d'être dévitalisé, mésestimé et déchargé dans le circuit incessant sus-mentionné, puisse être transformeé en souvenir, à partir de la subjectivité transférentielle. Le déploiement se produit à l'intérieur de l'espace intérimaginaire au cours de la séance autant que dans les différentes spatialités non scindées.

Ces états traumatiques produisent une impasse subjective, ils provoquent un désespoir existentiel, une honte d'être qui menacent l'existence même de la subjectivité, dans une culpabilité primaire qui est ce qui lui permet de rendre subjectivement cohérent un scénario au sujet de la froideur, produit du désaccord primaire.

Le traitement face à face permet ce que Roussillon appelle “la question de sentir le contre-transfert”, c'est-à-dire notre effective réponse affective dans le transfert au-delà de toute position technique de neutralité. Pour nos corps, il leur est très étrange ou difficile de mentir ou de cacher nos états intérieurs sans laisser de traces. Ce n'est pas mon intervention verbale qui est importante mais mon intervention subjective dans la complémentarité intérimaiginaire.Il se produit le besoin d'appuis perceptifs, puisque, en retournant dans l'actuel, règne la tendance à la décharge et c'est la position du thérapeute celle qui va pouvoir transformer ce qui retourne en vestige subjectif.

Subjectivite Transferentielle

La subjectivité transférentielle comme critère orientateur habilite la possibilité de la naissance subjective de secteurs qui ne sont pas encore nés chez un patient ou une famille.

Cette position vise la rencontre intérallucinatoire entre la possibilité du patient et celle de l'analyste, l'accès à l'imaginaire et à la figurabilité. C'est-à-dire, une alliance se génère, une harmonie ou une syntonie, convoquant la dispositon à la figurabilité de l'autre en consonnance avec la propre. Ce serait plus exact de la nommer intertransférentielle (2) et à

(2) Conjonction de subjectivité , Kaes

partir de cette complémentarité il est possible de réanimer certains secteurs de la vie psychique du patient. Il existe un étayage mutuel de narcissismes qui donne la formation d'un espace psychique commun et partagé.

Le non subjectivé retourne toujours et ce que nous essayons, c'est de soutenir une spatialité intersubjective et interimaginaire, où les formations les plus encryptées puissent être subjectivement intégrées. L'espace interpsychique est un espace imaginaire commun et partagé en. Un lien thérapeutique, si celui-ci s'établit, “n'est pas sans l'autre” , c'est une manière de présence de l'autre dans la psyché du patient, une fantaisie commune est partagée ou, dans des situations plus régressives, un produit psychique commun est produit, lorsque chaque sujet active dans cette mise en fantaisie un positionnement corrélatif au positionnement d'un autre (ou de beaucoup d'autres), auxquels ils se lie dans une scène inconsciente partagée et dans laquelle se distribuent de manière complémentaire ou inversée ces positionnements psychiques. Ce mécanisme est perverti dans la position provoquante/convoquante par laquelle l'on convoque le pire de l'autre pour le soutènement statique et omniprésent d'un noyau tendu. Cet exemple nous marque la différence entre un ciucuit de complicités perverses de la complémentarité intérimaginaire comme possibilité thérapeutique.

L'inclusion de la psyché de l'infans dans celle de la mère et de son ensemble peut être celle d'un objet mortifère incapable d'être rêvé ou imaginé. Cet infans peut représenter un vestige soutenu dans le milieu familial à travers des générations.

Dans ce cas, il existe des parties communes, mais ce sont celles du traumatisme partagé, qui se présentent d'une manière synchronique, dans une stase temporelle-spatiale et tendant à la décharge. C'est ici où la complémentarité intérimaginaire peut soutenir une brèche, la spatialité possible pour le retour de ces traces de l'expérience originaire même non subjectivées.

Le groupe familial et le transférentiel est un espace d'inscription, en dehors de la psyché, individuel, de ces traces non soumises à l'effet de la répression, étant le clivage, le déni, la forclusion ou le rejet les défenses habituelles dans ces situations. Nous pouvons imaginer que ce qui est expulsé hors la psyché individuelle, peut se soutenir dans un ESPACE EXTRATOPIQUE, PLURIPSYCHIQUE.

La famille et le lien transférentiel sont des lieux où ce qui a été soumis à la destinée décrite plus haut, peut être transformé , grâce à la complémentarité intérimaginaire. Ceci implique une mise en suspens, tendant à la dissolution de ces alliances ou pactes dénégatifs qui assuraient l'efficacité de la défense.

L'inclusion du thérapeute dans la complémentarité intérimaginaire ouvre la possibilité de récupérer la transitionalité et la transformationalité de l'espace familial. Ceci conduit à ce que ces secteurs qui gisent dans une latence puissent circuler intersubjectivement , et que les affects cessent d'être re-somatisés dans un corps commun pour, dans un transit somatopsychique, habiter peu à peu un sujet possédant un nom propre et une parole à l'intérieur d'un circuit intersubjectif. Inclure la subjectivité transférentielle du thérapeute permet un genre d'intéraction interimaginaire, parfois difficile à soutenir, mais permettant d'émerger à un vestige différent. Ce vestige serait un représentant de ce qui est nouveau, ce non encore né subjectivement.

Le vestige auquel je fais allusion est ce qui est signifiable, qui va à la recherche du signifiant dans la compulsion à la subjectivation et qui, au lieu d'être une quantité (objet brut) expulsée dans un circuit court, reste peu à peu comme une donnée historique qui s'intègre dans la structure comme un trésor de signifiants de groupe. Ces données historiques circulant dans des mots sont des produits intersubjectifs. L'efficacité transindividuelle en prenant l'autre comme une partie d'une scène statique, génère des noyaux toxiques et cryptiques exprimés comme un genre de violence hautement toxique. Depuis ma subjectivité transférentielle dans ces scènes de violence, je détecte una tendance de supppression vers ma position, et à partir de mon mal-être le besoin de résister, beaucoup de fois dans une sorte d'alliance, par exemple avec un enfant.

Il se produit l'articulation d'une sorte de résistance intrastructurelle, d'efficacité de la défense transindividuelle et une sorte d'endurance de l'analyste qui récupère un masochisme gardien de la vie qui permet de supporter le conflit le temps nécessaire pour obtenir le chemin correct pour que puisse se produire un vestige. L'inclusion du thérpeute ne peut se faire qu'en s'incluant et en résistant dans le climat paradoxal de complicités.

Sequence Clinique

Douleur en désespoir et expérience d'agonie comme cause pour la dessubjectivation en une sorte de solution. La présence de l'autre et la validation subjective de la douleur permet l'accès à la douleur en espoir, à la symbolisation, à la représentation et à la ressubjectivation.

Suivant la perspective clinique de départ, il existe différentes manières de présenter un patient; dans celle qui est choisie pour cette communication l'emphase n'est pas mise dans les caractéristiques du patient ou du groupe familial, sinon dans l'idée de retracer l'histoire d'un “entre-deux”, à partir de la subjectivité transférentielle.

Lorsque je présente mon patient je suis en train de présenter celui qui habite mon esprit (2), l'histoire que je raconte est celle qui est construite à partir de données apparemment objectives, qui sont devenues sujectivement des signifiants dans notre lien thérapeutique. De cette manière ces données forment ce qui a postériori je possède comme une archive de scènes. Le devenir d'un processus thérapeutique se produit à travers une complémentarité interimaginaire, un entre deux intersubjectif au moyen duquel nous sculptons peu à peu des constructions intrapsychiques qui configurent dans ma trame ou épaisseur imaginaire ces archives auxquelles je fais allusion lorsque j'essaie de penser mon patient et de développer un effet historisant et mitopoïétique. C'est à partir de cette archive de scènes, patrimoine intertransférentiel, que je retracerai une séquence clinique

Sequence

Le pacte du couple parental soutenait une alliance dans laquelle l'un d'eux (Madame) assumait une attitude exagérée de culpe, dessubjectivée, articulée à son conjoint (Monsieur), un pervers narcissique, qui employant des manipulations narcissiques soutenait l'objet fils dans une situation paradoxale d'assassiné autant que de sauvé. Dans le groupe familial règnait un climat incestuel où était entretenue constante la violence dessubjectivante nécessaire pour soutenir l'efficacité du pacte. Il se produisait des situations qui condensaient des scènes, jusqu'à ce moment-là scindées ou clivées, inimaginables, sans accès à la figurabilité et soutien du secret familial. Dans ces scènes ce fils devait être quasi assassiné pour être finalement sauvé, de cette manière, le fils était un personnage fondamental articulé en permanence à une mère absente et omniprésentement coupable.,

A partir de l'apparition du fils d'un couple de disparus et du climat paradoxal émergent chez le couple parental, apparaissent chez le fils dans l'espace de sa thérapie individuelle, des interrogations au sujet de l'histoire familiale dans la période précédant à sa naissance. Ces interrogations étaient soutenues depuis la subjectivité transférentielle, notre perception étant que cette période condensait une grande partie du secret familial, (que s'est-il passé? Y a-t-il eu un mort?).

Dans l'espace thérapeutique familial surgit l'interrogation : qui étiez-vous avant ma naissance? A partir de l'imaginaire du fils s'est fait présente l'exclusion nécessaire et fondamentale face au moment où un enfant est conçu imaginairement par le couple parental.

Comme il y a eu des enfants morts, commencent à se différencier, dans l'espace imaginaire (pluripsychique et extratopique) familial, les enfants morts, les disparus, les non sauvés et les morts.

Monsieur raconte des évidences objectives, au sujet du non dit du dit, mais imaginant déjà dans l'espace interimaginaire transférentiel, cherchant, pour la première fois du traitement, la ratificationation subjective de son partenaire

Brutalement émerge l'essai de soutenir l'efficacité de la communion de déni à partir de Madame et mère qui affirme sur un ton dubitaif par rapport à ce qui a été dit par son mari,ne se souvenir absolument de rien.

La mère qui jusqu'à ce moment-là, avec sa présence physique et son absence psychique a agi comme celle qui livre ..... à la violence dessubjectivante, en mettant en doute les évènements, détient le pouvoir absolu d'être celle qui connaît la vérité.

Point d'inflexion où le père change de signe et peut parler du moment complexe de son histoire où il a décidé d'abandonner une position qui pourrait être énoncée comme “de transgression, assassine et inimputable et justifiant toujours l'injustifiable avec une rationalisation idéologique. C'était aussi celle qui avait été soutenue dans l'espace familial et qui étant perçue dans la séance, générait mon mal-être face au registre toxique de la violence.

Le fils pose des questions sur la présence de la mère à ce moment-là, apparaissant chez lui une réaction de dégoût et de violence explicite envers elle. Le père essaie de reprendre la complicité antérieure et provoque le fils, le convoquant désespérément aux scènes fusionnelles antérieures. Désespoir du fils se voyant à nouveau dévoré par la manipulation narcissique paternelle et au centre des scènes précédentes.

J'interviens au moyen d'une intéraction anticollusive, face à ce moment de violence toxique qui apparaissait comme si le temps ne s'était pas écoulé, avec le silence complice de la mère. M'adressant au père et lui faisant face, (face à lui et le regardant droit dans les yeux), je lui explicite le besoin du fils de pouvoir parler avec sa mère de son histoire en commun. J'insiste sur le SON, dans le but de la différencier de l'histoire monopolisée par le père qui convoquait le fils à son scénario privé, dans lequel la mère était un personnage dénigré et nécessaire.

Résistant en ce moment de haute toxicité, nous avons pu en sorir, et la mère raconte d'une manière intempestive, (racontant pour quelqu'un), comment pendant les premières années de ce fils elle le battait de manière brutale en réponse à son angoisse ou à ses appels. A postériori le fils a commencé à se renfermer et à pleurer sans que personne puisse le calmer chaque fois que sa mère apparaissait. Il ne se calmait que lorsqu'elle se retirait. A ce moment-là je pense au mort et je vois devant mes yeux une image dans laquelle la mère face au désespoir et à l'impuissance lui a dit qu'elle l'aurait jeté par la fanêtre. Le fils apporte, abruptement, “débarrasse-moi d'elle parce que je veux la tuer”, ensuite, “je me suis branlé avec la violence du vieux et toi tu me rouais de coups.

Je revois des scènes de séance individuelle, dans lesquelles face à un projet personnel et à la moindre incertitude ou inquiétude, chez le fils émergeait une sorte d'angoisse dans laquelle le fils se dénigrait férocement et sans justifiction. Je pense que ce fils occupait des deux endroits que je voyais scénifiés à ce moment-là, étant l'agresseur autant que l'agressé. J'explicite la situation de la séance individuelle et je la mets en rapport avec ce qui s'historisait à ce moment-là. A partir de la récupération de la douleur se produit une construction, et peuvent se différencier les différents sujets du verbe souffrir.

La possibilité de parler se restaure, et celle de pouvoir différencier les différents morts, les fils déjà morts ainsi que ceux qui ont pu se récuperer subjectivement après avoir dû faire appel à la solution addictive comme autoconservation paradoxale.

Avoir pu interférer et ouvrir une brèche dans la complicité de la structure parentale ainsi que soutenir depuis la thérapie individuelle l'interrogation du fils, pensant en permanence à ce dernier dans des termes transgénérationnels, a permis de ressubjectiver des moments historiques de la mère et du groupe familial.

La complémentarité intérimaginaire du groupe comme espace non scindé a récupéré la dimension pluripsychique et extratopique et a empêché d'être entraînée par le circuit de complicités. La mère née subjectivement a été quelqu'un qui, au lieu de décharger, étant la perverse ou celle qui livre ... dans sa complicité et convoquant de manière permanente et pervertie une sanction du surmoi, a pu mettre en paroles un récit qui a permis au fils de subjectiver quelque chose du non encore subjectivé dans un espace intérimaginaire. On parvenait à déployer une scène non subjectivée entre la mère et le fils, et partant des affects en jeu nous avons pu nous approcher chez la mère de son impuissance et son désespoir, ce qui a été capitalisé par le fils, le soulageant remarquablement.

La phrase “débarrasse-moi d'elle parce que je veux la tuer” , a été enregistrée et explicitée comme le retour a partir de la marque corporelle chez le fils, de la violence dessubjectivée et dessubjectivante de la mère à ce moment-là. Cette phrase prononcée et non jouée ni explosivement vers l'extérieur, ni implosivement vers le corps commun familial, a permis de déployer l'effet mitopoïétique et les différentes scènes condensées.

En termes d'évolution clinique, en une première période du traitement on a pu racheter le fils qui était un sous-jacent perverti dans le pervers narcissique, ensuite la fille délaissée qui se soutenait en latence dans le désespoir et l'absence psychique maternelle et finalement ou paradoxalement au début, puisque la raison de la consultation a été à partir du fils, l'on a pu déployer en termes transgénérationnels en UN fils l'interrogation: - de qui suis-je le fils? –de quelle sorte de rencontre suis-je le fils? Y a-t-il eu une rencontre amoureuse à laquelle je puisse me référer ?

 


 
 
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