Queleque concepts extrait de l'article « Par amour, la croyance fétiche pour un type de complicité perverse » publié dans la revue Actualidad Psicológica, anée 1999, Bs. As., Argentina.
Eduardo Alberto Grinspon
Nilda Neves Introduction
Nous avons décidé d'inclure cet article dans un numéro consacré à l'amour car ce dernier en acquérant la valeur d'une croyance, emprunte le signifiant à la culture sans jamais expliquer clairement « ce qui reste dit de chacun d'eux » en énonçant ce mot.
Dans un travail précédent nous avons fait allusion à ces situations cliniques où apparaissent des manières de traitement d'un traumatisme par plus d'un appareil psychique. Nous avons analysé le problème de la transmission générationnelle et la manière dont retourne ce qui a été suffoqué lorsque le déni provient d'une génération précédente. L'espace térapeutique fournit la possibilité d'observer que dans ces cas la coparticipation des membres d'une famille devient un facteur déterminant de la structure pathologique.
Ce genre de structure peut se trouver présente dans les tableaux addictifs sévères, ou dans ceux où apparaissent des conduites de transgression ou de promiscuité qui fréquemment circulent sur le bord de l'acceptation familiale et sociale.
Un thème central au sujet du fonctionnemnet de ces groupes familiaux est constitué par la manière où les enfants à leur naissance sont investis comme des fétiches au service de la communauté de déni, de manière que le nouveau reste au service du traitement psychique de ce qui est resté secret précédemment par l'emploi de la psyché d'un autre.
En cette occasion nous voulons développer quelques questions au sujet de quelles sont et comment se produisent les marques structurantes du psychisme de ces enfants fétichisés.
Ladite marque répond à la relation singulière qu'a eue l'enfant fétichisé, objet de séduction narcissique maternelle, captif dans une communion de déni avec l'inscription particulière du tiers qui reste dans ces structures. D'un autre côté nous considérons qu'il est important de souligner que cette marque constitue un défaut d'origine qui affecte non seulement un moi terminé de constituer sinon ses moments primordiaux (urbild du moi).
Le point de départ de notre réflexion est donné par la relation existante entre ces constellations familiales et la perversion. Nous prenons à travers l'élaboration de différents auteurs une conception de la perversion où il est possible de différencier deux structures : celle du pervers sexuel qui est celui qui agit et montre des conduites de la gamme qui se décrivent classiquement dans la littérature psychanalytique, et celle du pervers narcissique, qui manipule et garde généralement face au monde et face à lui-même une apparence d'adaptation de type neurotique, qui en réalité correspond à une façade caractéropathique histérique, phobique ou obsessive.
Nous présentons en plus le besoin de définir différents types et dégrés de désinvestissement, vu que dans ces tableaux apparaissent des manifestations qui peuvent se rapporter au concept d'allucination négative, c'est à dire un processus désinvestissant radical qui a la particularité de n'être suivi de nul contreinvestissement.
Nous voulons remarquer la présence de différentes formes de retour de ce qui a été suffoqué, tenant compte que dans beaucoup de ces cas l'efficacité de la défense détermine que l'unique voie de retour se produit à travers ce qui a été projeté sur un des intégrants du groupe familial. La structure entière tient grâce à l ‘omniprésence d'une croyance accompagnée d'activités sublimatoires, ceci conformant un type particulier de contreinvestissements narcissiques qui opèrent comme une formation substitutive nécessaire et contribue au maintien des traits de caractère.
Le défaut structural au moment de l'aliénation constituante de l'urbild du moi
Freud dans sa 31 e . conférence affirme que tout cristal au moment de se briser ou de se scinder, le fait suivant une fêlure ou un défaut originaire. Il rapporte à ce dernier les clivajes du moi et leur effet sur ses fonctions synthétiques.
Ce moment opère comme un hiatus ou une fêlure originaire. C'est la marque où reste inscrite dans chaque sujet, la complicité interfantasmatique du couple de ses parents en tant que signe au sujet de l'origine et de la bisexualité.Elle reste figée dans le passage et la transformation qui va depuis le moment d'avoir été un organe intracorporel maternel à celui de commencer à se différencier comme sujet avec sa propre peau contenante. Cet urbild du moi (soi) implique un encadrement à toute la capacité représentationnelle, dévoilant un fonctionnement spécifique et singulier de chaque individu. Nous pourrions l'appeler une identification originaire d'un soi à un autre Soi relatif au corps maternel.
Ce référent structural et caractéristique de chaque individu révèle aussi le type d'ancrage vital, de quelle manière le vivant par le signifiable va à la recherche du signifiant qui le signifie.
Notre patient pervers narsisique la scision qui donne son trait de caractère, nous ne la référons pas à un défaut dans la capacité de synthèse du moi qui maintiendrait deux courants psychiques coexistants suivant différents principes, sinon à un défaut dans une capacité primordiale, logiquement précédante au moi dans laquelle s'enracinent toutes les possibilités d'accéder à postériori à une adéquate foction synthétique du moi.
Plusieurs auteurs ont élaboré des concepts pour se référer à la manière dont ces marques opèrent comme déterminantes de pathologies : Lacan, forclusion du nom du père ; P.C. Racamier, séduction narcissique, perversion narcissique ; M. Fain et E.
Kestemberg, Communion de déni et censure de l'amant ; G. Bayle, Clivages structuraux, J Guillaumin, « le Soi » comme fondement, etc.
Communauté de déni. Séduction narcissique
La conséquence, chez le sujet d'une sorte particulière d'aliénation constituant l'urbld du moi, c'est la communauté de déni. Ce dernier est un type d'abolition symbolique qui indique la forclusion (mésestime) intervenant dans les formes de traitement du traumatisme par plus
d'un appareil psychique. Il implique toujours une référence transgénérationnelle et apparaît articulée avec dífférents types de déni : celui de l'autonomie, celui de l'origine, celui de la différence intergénérationnelle et aussi celui de la différence de sexes (3).
La conjonction de la psyché du nouveau-né et de l'objet primaire, la Mère, dans ce cas s'appuie sur un déni du tiers par rapport à la fonction paternelle.
Il implique une attaque destructurante par laquelle le sujet perd ses limites propres, restant engagé dans cette communauté de déni, faite de lui-même et de l'imago de l'objet primaire. Le concept de communauté de déni apparaît toujours associé à celui de séduction narcissique. C'est une relation par laquelle la mère soutient le fils inclu, captivé et capturé en elle même, au service de son narcissisme phallique.
Dans le milieu de la séduction narcissique, l'émergence de ce qui est différent (le registre des propres rythmes et de l'auto-érotisme, le désir et la capacité de douter et de penser) est vécu comme des attaques à la stabilité narcissique maternelle. L'omniprésence maternelle se soutient au prix de la subjectivité naissante du nouveau-né, qui reste adhéré dans un lien de fusion corporelle et psychique. Cette abolition symbolique est une attaque qui laisse sa trace dans la racine du moi et dans la manière d'accès à la capacité de subjectiver et de symboliser par le fait de devoir parcourir la mutation du plaisir de l'organe vers le plaisir représentatif.
Identification adhésive et démantèlement.
Pour pouvoir penser le problème de l'articulation perverse-narcissique - perverse-sexuelle , il est utile d'ébaucher le concept de l'identification adhésive et le démantèlement (4).
Dans la communauté de déni le fils reste adhéré à la mère comme s'il était son dédoublement primitif. Cette formation correspondrait à ce que Lacan énonce comme double placentaire, puisque le placenta est la seule chose qui se perd dans l'acte d'enfanter.
Ce moment transsubjectif correspond à l'identification adhésive préalable à la formation d'un moi peau efficace. C'est un processus identificatoire primitif référé à un espace bi-dimensionnel qui consiste en une adhésion à l'objet réduit seulement à sa superficie. Dans cette adhésion se soutient un type de dépendance dans laquelle l'existence différenciée de l'objet n'est enregistrée ni inscrite.
Le défaut d'une fonction contenante maternelle « assez bonne » et le subséquent défaut de l'introjection de cette fonction attaque le passage à l'identification projective et conduit à l'identité adhésive (5). C'est un état psychique dans lequel a lieu un processus qui conduit à une transformation spécifique des objets, ces derniers devenant des objets bidimensionnels sans intérieur, sans activité psychique. Il nous paraît important de signaler ceci, puisque seulement un objet qui soit contenant peut contenir et apporter à son autre comme représentant du nom paternel.
Enveloppement psychique – Moi peau
Le concept d'enveloppement psychique nous semble important dans la mesure où il intègre les notions de spatialité psychique, contenant et contenu.
Le contenant est une superficie qui réfère au lien organique avec la mère dans lequel on partage la même peau, alors que l'existence d'un contenu implique être maître du propre contenant, être maître de la propre peau. C'est cette conquête de la propre peau qui permet de passer de la bidimensionnalité à la tridimensionnalité.
Anzieu décrit le moi peau comme une relation de double enveloppement (interface) par laquelle le nouveau-né obtient son propre contenant, condition nécessaire et préalable pour accéder à l'autoérotisme inaugurant l'primauté du principe de plaisir. Cela implique une première spatialité psychique, témoignage originaire de l'autonomie.
Le moi peau garde, à la manière d'un parchemin, les marques d'une écriture originaire préverbale, faite de traces cutanées, signifiants formels constitués d'images tactiles, cénesthésiques, propreceptives, d'équilibre, etc.
C'est la fonction contenante d'une peau suffisamment bonne qui donne à l'investissement pulsionnel la rencontre avec l'objet d'une manière adéquate. Si cette qualité d'enveloppement fait défaut, il y a une autre possibilité, qui est celle de produire un enveloppement de souffrance où la douleur physique , primauté du principe de douleur (E . Pérez Peña) , produirait des zones algogènes représentant une carapace substitutive comme une manière désespérée de garder un reste du sentiment de soi.
L'articulation perverse que nous décrivons se trouve à moitié chemin car elle maintient quelque chose de l'identité adhésive et à la place de la carapace restitutive algogène, elle obtient par la coparticipation le type particulier de coexcitation libidinale qui fournit la quantité nécessaire, pour soutenir le niveau de tension du survivre.
Le pervers complice sexuel qui accède à l'identification projective, est pour le pervers narcissique quelqu'un qui, dans l'adhésion, lui soutient la coexcitation libidinale et ces interrogations qui luttent pour apparaître depuis la forclusion de la marque du nom paternel.
Scision ou clivage structural
Freud dit (6) : « des magnitudes relatives des aspirations en lutte réciproque. Et en plus : le moi aurait la possibilité d'éviter la rupture vers n'importe lequel des côtés, se déformant lui-même, consentant des diminutions à son unicité et éventuellement, se segmentant et se brisant ». Le moi, médiateur intéressé nécessaire pour la survie, devant le besoin de se défendre est disposé à se déformer et même à se scinder.
Gérard Bayle continuant cette ligne de pensée divise les clivages en : potentiels, fonctionnels et structuraux.
- les clivages potentiels décrits aussi par Benno Rosemberg comme préclivages, se définissent à partir d'un type d'angoisse qui peut encore opérer comme signe pour le moi, essayant d'éviter clivaje (escisión ?).
Chez des patients comme Marta, pour qui la possibilité de percevoir les signes d'angoisse paraît épuisée, la réapparition de l'angoisse signe s'est produite dans une combinaison avec l'angoisse de délaissement dans un moment qui pourrait correspondre au préclivage, dans la mesure où elle exprimait une demande de coexcitation libidinale « en urgence ».
- Les clivages fonctionnels correspondent, dans la distinction que fait Freud entre topiques et sturcturaux, aux premiers, dans lesquels se maintient la coexistence de deux courants psychiques, l'un suivant le principe de réalité et l'autre, celui de plaisir, soutenus par l'efficacité du déni.
- Les clivages structuraux correspondent à des scisions profondes dans l'urbild du moi en rapport avec le défaut structural que donne la communauté de déni. Ils impliquent l'existence d'une brèche dans l'expérience du soi et produisent un trait caractéropathique qui révèle une manière de survivre.
Le clivage structural met en rapport un manque narcissique et l'abolition symbolique, alors que le clivage fonctionnel correspondrait à une conjonction de blessure narcissique et de déni.
Dans le problème que nous décrivons la défense fait référence au fait de survivre et prétend neutraliser la possibilité d'entrée dans le champ représentatif et dans la conscience de ce qui est impensable parce qu'il est forclos, ce trou dans le réel produit par ce qui n'a pas été apporté pour être subjectivé. En ce sens, ce dont parlent toujours ces clivages, c'est du tiers manquant dans l'expérience profonde vécue au niveau du soi (7).
Si nous établissons un rapport entre l'attaque au tiers et ce que Lacan énonce comme forclusion du « Nom du Père » , nous pouvons expliciter que :
- Forclusion implique ce qui ne se trouvant ni inclu ni exclu dans un certain espace
subjectivable , reste « au-delà de », impliquant ce qui est forclos.
- Le Nom du Père implique clairement une référence à l'origine (nom = apellido).
Dans ces structures l'attaque au tiers implique dans la génération postérieure une forclusion du nom paternel correspondant au déni de l'origine.
Apparition de l'impensable
Benno Rosemberg affirme que le masochisme gardien de la vie est « la défense du sujet par le sujet ». Il marque l'appropriation subjective qu'implique une endurance primaire en ce qui concerne la limite à la décharge, à l'endroit où le sujet naît dans sa première ébauche de vie psychique, assurant la continuité interne comme base du sentiment de soi.
Chez le pervers narcissique l'autoinvestissement manqué du soi produit l'intention de récupérer l'équilibre libidinal faisant appel à une « économie d'urgence ». La scène perverse doit fournir un état d'exaltation quantitative qui opère comme un contreinvestissement narcissique dont la fonction est d'être le gardien du clivage par défaut d'un masochisme gardien de la vie . Le besoin qu'a le pervers narcissique de ce que le pervers sexuel agisse apportant l'excitation et le texte est de l'ordre d'une addiction. Face à une situation d'amoindrissement s'il n'obtient pas cette quantité d'énergie nécessaire, l'être s'écroule dévasté par l'angoisse catastrophique et le sentiment de l'anéantissement du moi.
En réussissant à conserver constante l'tension nécessaire pour le soutènement de le clivage, que la brèche profonde du corps maternel continue voilée empêchant à l'expérience de la chute sans fin de sombrer en elle ou en essayant de se défendre dans la frénesie de la passion suicide.
La constellation d'éléments présents dans la pathologie détermine logiquement une perturbation dans la constitution de cette structure plus raffinée qui est le surmoi/idéal du moi. Le déni agit aussi contre le surmoi produisant un idéal du moi perverti équivalent à un moi idéal qui inclut un surmoi archaïque sans aire transitionnelle (idéal du soi). Ceci détermine aussi le type de temporalité en vigueur dans ces structures.
La relation surmoi/idéal du moi a des rôles complémentaires dans l'intégration de la temporalité, l'idéal du moi est dirigé vers l'avenir alors que le surmoi vers l'héritage d'un passé, l'origine. Dans la perversion narcissique cette structure intégratrice du temps reste dégradée à la relation fusionnelle, archaïque et tyranique moi idéal /surmoi maternel qui articulé au défaut du caractère créatif, expansif d'Eros soutient le temps circulaire ou paradoxal.
L'adhésion à une croyance et aux sublimations d'urgence s'impose également. G.Bayle affirme que perversion et sublimation ont en commun que la libido se trouve déviée ou inhibée par rapport à son but. Il ne s'agit pas de la libido déchargée dans l'acte pervers sinon de la quantité d'énergie déviée pour soutenir la constitution de fétiches et autres structures narcissiques qui masquent un clivage.
La coexcitation que réussit l'articulation perverse narcissique-perverse sexuelle est un type de fusion perverse entre Eros et une pulsion de mort dans la mesure où l'érotisation est au service du soutien de l'excitation avec une présence telle de la pulsion de mort que ce qui est atteint est une stabilité mortifère, une survie quantitative qui répond au besoin et non au plaisir
Enfants fétichisés – position de suppléant
Dans la communauté de déni règne un type de forclusion de la fonction paternelle qui ne débouche pas dans la psychose par l'emploi d'une forme dégradée du tiers ; « le suppléant » (9).
La position du suppléant de la fonction paternelle peut se trouver dans différentes formations, l'une d'elles est de contre-investir le produit sorti « de moi » d'une manière fétichisante en mettant un enfant dans la position de suppléant.
Freud décrit quatre types de choix narcissique d'objet : - Ce que je voudrais être, - Ce que je suis, - Ce que j'ai été, - Ce qui est sorti de moi.
L'internalisation de la fonction paternelle dérive de ce que « je voudrais être » et peut être substituée par différents modèles ou idéaux que le sujet crée/rencontre dans son milieu en structurant sa réalité. La forclusion du nom paternel rend impossible cette substitution, il ne reste qu'à faire appel à un suppléant à la place du substitut symbolique.
Dans la structure que nous sommes en train de décrire s'articule un enfant fétichisé dans cette position, beaucoup de fois énoncée comme « une raison pour vivre », et une valeur demandée à la culture pour consolider la croyance regnante, transaction nécessaire pour soutenir l'apparence neurotique de la structure perverse.
Il existe des doubles très primitifs qui ont eu comme destin d'être des suppléants «du nouveau frustré ». Le premier suppléant suppléerait le manque d'un lien empathique pertinent dans la rencontre affective avec l'objet primaire. Se produit alors une tension supplétoire créée intracorporellement pour substituer la qualification manquante. Suivant cette même logique l'enfant, étant le produit intracorporel, naît pour la mère dans cette position de tension supplétoire et complétante. Ensuite , en naissant et en devenant ce qui « est sorti de moi », il reste dans la position de suppléant. Les enfants dans cette position soutiennent, dans leur clivage structural, une interrogation sur la fonction paternelle depuis le forclos, dont le retour pourrait avoir lieu à postériori au moyen d'une fantaisie pédophile paternelle. ¿P. D.?
Le cycle du fils, à travers le devenir temporel, peut être décrit :
- Tension supplétoire complétante – moment intracorporel
- Enfants suppléants fétichisés – post naissance
- Enfants témoins et témoignage de ce qui doit être méconnu – à postériori.
Articulation – Communauté de déni – Fantaisie originaire – Souvenir originaire
Dans la structure triadique fondamentale formée par l'enfant, comme produit nouveau, et les parents, comme structure originaire, se dévoile un gradient temporel qui provient de ces derniers vers l'enfant et une articulation de fonctions différenciées qualitativement.
La présence du père dans la mère, en tant que fonction de tiers, habilite la manière où cette dernière va être transmise à l'enfant comme marque originaire. Depuis ce point de vue, s'oppose :
- L'effet que produit « la censure de l'amant » : la manière dont le fils inscrit la marque du fait d'avoir été désinvesti comme objet absolu au moment où sa mère se reconnecte vers son autre, le père, en tant qu'amant. Un désinvestissement nécessaire, une disjonction primaire, qui signale la présence de l'autre de la mère et articule la position de géniteur et d' amant du père.
- A l'extrémité opposée se trouve la communauté de déni, laquelle exclut (forclos) le père comme unlautre différent quand il reste inclu dans une imago de mère phallique. Cette mère, en imposant le déni du nom paternel dément aussi depuis l'origine, l'impossibilité d'un homme capable de la satisfaire comme amant, laissant la marque de ce moment de la jouissance. Dans l'acte de fétichisation de l'enfant, se coagule le déni de la complémentarité et de la différence de sexes, reste mésestimée pour la fonction paternelle toute possibilité de représenter pour le fils la menace de castration et un établissement de la loi.
Nous avons défini la séduction narcissique comme une manière captivante d'arrêter ou de pervertir la naissance psychique ; cependant, un infans, ne pourrait pas naître psychiquement s'il n'avait pas été séduit originairement et adéquatement. Il existe , donc, une pédophilie maternelle nécessaire pendant un temps suffisant, coïncidant avec le désinvestissement de la sexualité de la mère comme adulte après l'accouchement. Le réinvestissement de sa sexualité dirigée vers le père introduit la censure de l'amant comme marque pour le psychisme de l'enfant.
Dans l'organisation des fantaisies originaires, la relation corporelle avec la mère a parcouru depuis le réel, le lien fusionnel intracorporel et la ressignification à travers le contact intercorporel, laissant une marque de ce passage.
Le père est apporté en ce moment originaire depuis la capacité fantasmatique de la mère, étant depuis l'origine une fantaisie primordiale.
« La séduction maternelle est un souvenir, alors que la séduction paternelle est une fantaisie », Le désir d'être désiré par un père, comme partie d'une fantaisieoriginaire, se trouve à l'origine de la disjonction nécessaire qui soutient la dimension de la différence de sexes et la castration de la mère phallique, s'imposant de cette manière la structure triadique. La fantaisie d'être séduite par un père est l'unique manière possible, chez des enfantas fétichisés dans la communauté de déni, de se connecter d'une manière restitutive avec le retour du tiers mésestimé.
Pour s'enregistrer désiré par la mère comme un fils autre, ou une fille autre déjà née , il faut la présence structurale de « mon père me désire ».
Allucination négative de la réalité psychique
Chez des patients comme Marta, il est fréquent que quelque chose arrivée et racontée pendant une séance disparaisse en laissant un vide enregistrable seulement par un autre, par exemple dans le lien transférenciel. Ce phénomène est difficile d'expliquer à partir des défenses qui agissent sur l'univers symbolique et nous pousse à penser à un en deçà du terrain des défenses qui se réfèrent aux signifiants.
G. Bayle résumant la relation existant entre la défense et les signifiants dit :
- « la repression opère dialectiquement et au positif sur les signifiants dans l'encadrement de la symbolisation (Le Guen)
- Le déni les ignore activement employant le mélange de desaveu et de rejet.
- La forclusion les attaque en les déconstituant .
- Il y a encore un en deçà qui est l'allucination négative, ce dernier étant le mécanisme de défense primordial »
De son côté Green, dans « Le travail du négatif », en se référant aux circonstances cliniques homologues à celles qui ont été présentées dit : « il s'agit d'une véritable agnosie psychique qui correspond non seulement à un essai d'éloignement du conscient, sinon à une non reconnaissance des mots ou des phrases, proférées par le patient lui-même et répétées par l'analyste ou simplement énoncées par celui-ci mais dans une relation trop étroite avec ce qui doit être dénié ».
La fonction désobjetalisante de la pulsion de mort se réalise à travers la simplification et le desinvestissement des représentants de la réalité, ce qui se traduit dans l'inscription d'un escotome, d'un rien dans le capital représentatif et libidinal du sujet. La deni peut désinvestir non seulement la perception sinon les restes du perçu dans l'trasce mnémique en la destructurant.
Il peut y avoir des attentats très précoces contre les trasces mnémique et leur capacité de réinvestissement, sans la possibilité que reste la moindre inscription nécessaire du vécu sur laquelle puisse s'appuyer l'expérince allucinatoire comme condition de liaison de l'autoérotisme initial. Cet échec d'Eros permet que l'action de la pulsion de mort laisse une marque dans l'urbild du moi habilitant la possibilité d'alluciner négativement.
C'est sur ce fondement que fonctionne un impératif provenant d'un surmoi archaïque qui exige de laisser en dehors du camp de la conscience tout élément de la réalité qui révélerait la blessure narcissique maternelle attentant contre ce type particulier de moi idéal (idéal du soi).
La transformation passif-actif du traumatisme qui chez le pervers sexuel se produit à partir d'une scène de haine, comme une translation du rôle de victime à celui de bourreau, chez le pervers narcissique, elle conduit à un double désordre :
- Le moi supprime activement un secteur de la réalité agissant d'une manière homologue à celle qui autrefois lui a escamoté un secteur de son histoire familiale.
- Le moi se retourne contre la propre personne et dénie les signifiants qui pourraient apparaître comme substitution.
La reconnection avec le monde exige le retour de ce qui a été denié et dans ces structures où triomphe la défense, ce qui arrive souvent est la projection sur un autre du fragment qui hallucine, délire ou agit. Chez le pervers narcissique le fragment délirant et transgresseur est projeté sur le pervers sexuel d'où il retourne.
Cette articulation se complète para un déni vers le surmoi pour empêcher la naissance de sentiments d'infériorité et de culpabilité en raison de quoi on met comme contreinvestissement une formation substitutive : la croyance
Croyance
La présence de la croyance comme un facteur ordonnateur de psychisme et souteneur de l'apparence neurotique est peut-être le trait évident et spécifique de la structure que nous décrivons. Le moment inaugural d'investissement opère comme un acte de foi initial dans la mesure où il n'admet ni hésitation ni doute. C'est d'ici que C. Le Gen nomme la pulsion « crédule ».Il y a un moment du devenir psychique préreprésentationnel où se fonde la croyance comme produit et il y a une causalité qui impose son soutènement à travers le temps rééditant ce moment structural.
Ce qui acquiert le statut de croyance implique « une intéraction créatrice de nouveaux affects et de représentations du patrimoine personnel, n'étant ni une néoconstruction de l'imaginaire personnel » ni une adhésion à un message extérieur. Il différencie alors, la réalité intéractive qui est irréductible de la réalité psychique et matérielle ».
La formation substitutive que nous énonçons se rapporte à l'intéraction produite au moment inaugural de l'urbild du moi (soi).
Le soi est, depuis son origine, consacré à l'intersubjectivité, témoignant d'une relation d'enveloppes a-topiques, dans la mesure où il n'est pas transformable en instances et qu'il est indissociable de l'objet primaire. Ce dernier, un « autre en soi même », révélant le début du réfléchi « soi-même » est formé par l'intégration de la mère, le père de la propre préhistoire, le groupe familial et son milieu. La communication possible en ce moment se produit entre l'imaginaire potentiel du nouveau-né et les inductions émanées par l'imaginaire maternel.
La croyance assure, comme si elle était le sommet d'un iceberg, cette réalité intéractive, originaire et singulière de chaque sujet. Elle se forme au niveau du soi dans la mesure où celui-ci est le représentant des premières configurations provenant de la relation intime et organique, produit de la séduction maternelle nécessaire. Cette dernière, en se pervertissant et en devenant séduction narcissique, produit la nécessité d'une vérité unique coagulée dans une temporalité circulaire sans pouvoir passer, à postériori,au statut de conviction. Ce passage exige l'introduction du facteur du doute comme soutien de l'activité du moi .
Freud en parlant du fétichisme établit un rapport entre l'activité de la croyance avec l'acte du déni et le phallus. La croyance est au service du déni d'un savoir qui devient traumatique à partir de l'expérience. « Si cette dernière produit un savoir, il n'y a pas de savoir possible de la castration sans un type de croyance qui essaie de masquer et de dissimuler ses effets, constituant, comme cela arrive toujours dans l'acte de déni en même temps sa reconnaissance.
Ce qui caractérise le pervers narcissique, se trouvant désarticulé le cycle expérience-savoir-croyance, c'est l'institution simultanée du savoir et de la croyance avec l'absence de l'expérience.
Il n'y a pas une croyance postsavoir, mais une adhésivité à un savoir étranger, ce qui produit la croyance comme un type de fétiche pour le dispositif pervers.
La croyance, comme formation substitutive exige un consensus « l'on peut croire seulement s'il y en a un autre qui croit avec nous ».
En résumant : cet acte de fétichisation rassemble :
- Le clivage structural du moi (soi), s'instituant un traumatisme psychique-prépsychique dans une topique a-topique.
- La projection pour créer l'objet support de la croyance.
- La condensation nécessaire pour que l'objet de la croyance opère comme un équivalent fétiche.
Un type particulier de structure perverse, l'articulation du pervers narcissique – pervers sexuel
Pour la compréhension de cette structure est utile la description que G.Bayle fait de la constellation perverse et sa scène, dans laquelle « se reconnaissent au moins deux personnes et trois personnages : le pervers narcissique, son partenaire le pervers sexuel et la proie,qui peut, par moments, rassembler concider avec la person du pervers narcissique (victime de l'acte du pervers sexuel). Le neurotique joue les trois personnages dans la fantaisie, alors que le pervers a besoin de son déploiement sur une scène de la réalité. Entre névrose et perversion se produit un triple passage ; du monde interne au monde externe, de la fantaisie à l'acte dans la réalité matérielle , et de l'individu à un groupe physiquement réel, même s'il s'agit de deux personnes ».
Pervers narcisique
Racamier appelle perversion narcissique un type de pathologie narcissique qui a comme antécédent la communauté de déni et la fétichisation des fils. C'est une perversion présente depuis l'origine puisque l'énergie de croissance de l'enfant a été pervertie au profit du narcissisme maternel. La pulsion atteint des buts et des objets qui ne lui sont pas propres, dans une légalité pulsionnelle transgressée par l'acte manipulateur et désarticulée par la logique paradoxale.
Depuis un point de vue transgénérationnel « c'est à partir d'une histoire de promiscuité et qui rend honteux que surgit à la troisième génération une organisation articulée où deux personnages se réunissent dans un contrat inconscient de complicité, trouvant tous les deux les registres incestuels déniés par une génération précédente ».
Le terme incestuel définit un type de violence qui, d'une manière voilée et inapparente, soutient une situation de promiscuité et fusionnelle aux dépens de la subjectivité d'un autre. Dans la relation incestuelle « l'objet est investi comme une idole dont la fonction est d'éclairer l'idolâtre ; il incarne un idéal absolu dont la mission est de soutenir celui qui l'investit et sa jouissance absolue ».Le fils fétiche est celui qui « peut et qui doit » par délégation narcissique devenir « un rêve incarné, un fétiche vivant », dévoilant la manière dont un court-circuit narcissique a substitué les trajectoires libidinales (A.Eiguer)
Le fils fétiche ne doit pas reconnaître d'autre origine que le lignage maternel, ce qui se traduit non seulement par la méconnaissance du nom paternel, mais laissant en plus, une interdiction sur l'interrogation de l'origine.
Chez le fils fétichisé agissent deux types de dénis qui sont :
- Le déni de l'autonomie, qui impose le non registre des propres besoins pour rester fusionné au corps maternel et à ses rythmes
- Le déni de l'origine qui requiert pour son efficacité le soutènement de la pensée paradoxale, comme une manière de rester adhéré au savoir maternel.
C'est le besoin de soutenir un secret familial au sujet des origines qui provoque le paradoxe, puisque devant le surgissement d'interrogations il est impossible d'accéder à une réponse sinon à plusieurs et même contradictoires. Ceci conduit à demeurer la paradoxalité.
Ce qui est spécifique dans la manipulation perverse narcissique, c'est le conditionnement de l'agir de son complice sur la scène de la réalité, employant la psyché de cet autre comme une source d'énergie pour le maintien de l'efficacité du clivage et le soutènement du contre investissement narcissique.
D'habitude la relation du pervers narcissique et son complice produit chez ce dernier une dégradation subjective qui, en attaquant le registre du plaisir, involucre le sentiment de soi, parvenant à de graves altérations de l'autoconservation.
L'articulation du pervers narcissique-pervers sexuel diffère qualitativement de ce qui précède et nous essaierons de la décrire. |